Donne-moi du vent, je te donnerai des milles…

Dans ma course au fric, j’ai frappé à la porte de Loto Québec. Pourquoi pas?
La rencontre a duré 2 heures!!! J’ai parlé de long en large de tous les détails, cartes sur la table, pu de temps à perdre, ni rien d’autre d’ailleurs. Énergie du désespoir.

Loto Québec ne peut pas nous donner, pour l’instant, de commandite pour l’aspect éducation, car éducation et loteries ne font pas bon ménage paraît-il… Pour l’environnement par contre, il y a peut-être de quoi faire, reste à trouver le bon « fit », la façon d’amener ça. J’attends des nouvelles.

Le plan de commandite que je propose pourrait convenir à plusieurs grandes entreprises, il ne reste plus qu’à rencontrer ces entreprises… Ce qui n’est pas toujours très simple : un courriel qui ne se rend pas, un gars trop occupé qui ne veut pas me rencontrer, un autre qui a le mal de mer juste à entendre parler de bateau.
Lorsque les gens prennent le temps de m’écouter par contre, ils comprennent que ce projet a des retombées potentielles beaucoup plus vastes qu’il n’avait pu le soupçonner au départ.
Je propose un partenariat équitable avec les entreprises. L’entreprise nous soutient financièrement, elle obtient en retour une visibilité, un outil de formation pour son personnel en environnement et en consolidation d’équipe, un outil lui permettant d’organiser des événements (lancements, cocktails etc), un outil de récompense pour ses employés ou clients. Ainsi, elle nous permet de poursuivre notre mission, non seulement auprès d’eux, mais aussi auprès de nos autres clientèles (scolaires, grand public, OBNL)

Cette rencontre avec Loto Québec est venue valider la pertinence et la qualité de notre projet. Ces personnes intelligentes et bien placées n’ont pas de temps à perdre. Ils ont passé deux heures en ma compagnie… j’y vois un signe. Ils ont compris la qualité du travail effectué, la vision et la portée potentielle du projet. Ça fait du bien d’être reçu et compris… les gens de vision se font rares. Être incompris par des petits fonctionnaires à moitié incultes, dont le seul but est de cocher des petites cases, est une épreuve quotidienne pénible qui m’amène parfois au bord de la crise de nerf. Toujours se battre pour faire passer une idée auprès d’un minable pousseux de crayon qui n’aura jamais une seule idée originale de toute sa vie et qui n’aspire qu’à sa semaine de vacances à Cuba est un combat vain et énergétivore.

Je ne dis pas que mon idée doit plaire à tout le monde. J’accepterais volontiers une réponse du genre : « votre projet est intéressant, mais il ne nous convient pas, il n’est pas dans notre champ d’intérêt, nous n’avons pas les budgets, il est bien fait mais il ne correspond pas à nos objectifs… Quelque chose du genre, mais quelque chose par pitié. Quand la personne devant toi ne sais pas quoi dire tellement elle ne comprend rien, c’est désolant.
C’est désolant, pas seulement pour notre projet, c’est désolant pour le Québec au complet qui manque de vision. Pas trop d’innovation, pas trop de différences, pas trop fort, pas trop vite, pas trop rien quoi. Juste cocher des belles petites case et garder sa job, parce qu’on est déjà chanceux d’en avoir une… Pitoyable! La vie sans mouvement est une lente agonie. Comme l’eau stagnante et puante qui attire les moustiques.

Un jour, afin de recevoir une mini subvention, j’ai dû répondre aux questions d’un comité de sélection. Un abruti fini, membre de ce comité, qui n’avait apparemment pas compris grand chose au projet, voulait une preuve que je savais faire de la plongée sous-marine….. Qu’est-ce qui pouvait bien se passer dans la tête de cet imbécile heureux, je n’en sais rien. Plonger pour aller récupérer son appareil auditif ou quoi? Heureusement j’avais mes cartes, sinon je n’aurais pas eu les sous.

M’enfin, ce qui est bien avec ma rencontre avec Loto Québec, c’est que j’ai rencontré des personnes intelligentes et compréhensives qui m’amèneront vers d’autres personnes intelligentes et pertinentes. J’espère que ceci est le début de la fin de l’époque où pour recevoir 3 clopinettes je devais remplir des formulaires à petites cases.
Ce projet a pour but de décloisonner les esprits, pas de les faire fitter dans des ptites crisses de cases. Ce projet ne s’explique pas en cases, il est plus grand que nature. Tous les documents explicatifs, justificatifs et tous les autres qui finissent en ifs on été écrits et réécrits un nombre incommensurable de fois. Basta! Maintenant faut juste que la bonne personne les lise… Je veux parler au monde qui décide, je n’en peu plus des petits fonctionnaires malhonnêtes et limités qui sont déstabilisés par l’innovation et qui te répondent des demi vérités parce qu’ils ne savent pas dans quelle case tu rentres. C’est simple, ça rentre pas d’une case!

Comme disait Dédé : “Passe-moi la poque pis j’va en faire des buts”. Ou comme disait Bernard Moitessier à Joshua : Donne-moi du vent, je te donnerai des milles…

École en mer, modèle québécois

Richard Desjardins nous a un jour chanté : « Nul chemin, il se fait en marchant…» Une école environnementale en mer. Quelle bonne idée! Mais comment faire ça? Prend ton grabat et marche mon pit…

J’ai commencé par marcher du côté de ce qui existait déjà : les écoles marines britanniques, danoises, Fleur de Lampaul (en allemand…je ne sais pas pourquoi), Picton Castle, Class afloat, le père Jaouen… J’ai mis ça dans ma tête, j’ai brassé: 30 000$ pour 4 mois en mer avec les écoles américaines, 0$ pour les écoles françaises, mais faut être drogué ou décrocheur…Y’a pas quelque chose entre les deux? Pas de modèle existant apparemment. Comme le Québec se situe culturellement et économiquement quelque part entre l’Europe et les Etats-Unis, le modèle de notre école en mer doit se situer également quelque part entre les deux. Une sorte de modèle qui allie rentabilité et cause sociale noble.

J’ai réfléchi à ça longtemps, je ne saurais même pas trop dire combien de temps tellement c’est long. C’est peut-être ça en fait le secret de la persévérance : l’inconscience du temps qui passe rend l’expérience moins dure, moins pénible, plus acceptable. La persévérance grâce au déni du temps qui passe…

Bref, j’ai cherché longtemps, j’ai écrit des dizaines de documents, j’ai rencontré des centaines de personnes pour finalement en 2008 écrire un plan d’affaire qui intègre la mission d’ÉcoMaris, faire de l’éducation relative à l’environnement, tout en s’assurant une bonne rentabilité qui à son tour garanti la pérennité de l’école en mer.

Y’a pas que les riches et les drogués décrocheurs dans vie, y’a tout le reste qui veut vivre pleinement et qui a besoin d’accroître sa motivation, découvrir de nouveaux intérêts, se sensibiliser à l’environnement, améliorer son travail en équipe, sa façon de communiquer. C’est à eux aussi que je veux m’adresser.
La logistique est planifiée, Ce qui me manque pour partir, c’est con, c’est trivial, mais c’est incontournable. C’est quoi?
a) la foi
b) le temps
c) l’argent

Il manque 220 000 Euros…avis aux intéressés. Ce projet peut être rentable: socialement et financièrement!

Quelques nouvelles du Frya…

Je viens de recevoir des nouvelles de Pierre Louis, notre envoyé spécial à Paimpol, qui s’est déplacé pour examiner le Frya d’un peu plus près…avant que nous l’achetions.

Frya à Fécamp

Frya à Fécamp- photo par André Debris- merci André...

En gros, la moitié des voiles sont dans un bon état, la coque de fer est parfaitement saine: elle est à moitié rivetée et à moitié soudée. Le pont en bois de Sirrocco (quelqu’un dans la salle connaît ça? moi pas…) a un peu soif mais a été bien entretenu. Le moteur, un Beaudin 215, 6 cylindres roule rondement, même si des bouts semblent un peu rafistolés…Il n’y a pas une goutte d’eau dans les cales…Les membrures sont aux 50cm et les cloisons étanches sont règlementaires. Les radeaux de survie ne répondent probablement pas aux normes de Transport Canada et il manque un peu d’équipement électronique. On aura une bonne grosse job de teinture et un méga ménage à faire, mais pas de travaux de structure, sauf la descente qu’il faudra élargir pour accommoder les plus gras d’entre vous…

Bref, ce sont des bonnes nouvelles et tout le travail effectué jusqu’à maintenant n’est pas perdu. Je continue ma course au fric. Reste à espérer que personne ne trouve le financement avant nous et parte avec notre belle bestiole… Prions le Seigneur…

Si vous connaissez des investisseurs intéressés, envoyez-les moi…

Soyez vrais, soyez Web 2.0

Le Web 2.0 est pas mal plus proche de la vie réelle qu’il n’y paraît au premier abord. Mes parents diraient que ce n’est pas une vie ça d’être toujours planté devant un ordi. Bien sûr que j’ai plus l’impression d’être en vie lorsque je suis à la barre d’un voilier avec Aldébaran dans les haubans, mais reste que le Web a quelque chose de presque aussi vrai.

Le Web interactif ou bidirectionnel nous force à nous exposer, à nous mettre à nue. Avec lui, on expose son flanc à une belle grosse fessée en disant ce qu’on pense et en demandant à des communautés de commenter, de nous répondre. Mais en fait, s’exposer est payant car les gens ont soif d’authenticité et aiment savoir que d’autres êtres humains vivent les mêmes choses. On a besoin de se rapprochement entre humains et généralement, dans notre société syphylisée, nous sommes pognés dans des normes et des obligations sociales qui nous poussent à nous forcer pour paraître comme si on était si beau, si fins, forts et intelligents, alors que finalement nous ne sommes que des humains si mortels et si éphémères.

Tout comme la mer nous enseigne notre petitesse face à l’univers, le Web 2.0 nous enseigne à rester humble en étalant notre vérité aux yeux du monde. Les gens de notre époque recherchent une forme de transparence, de vérité. Il me semble que ces valeurs ne sont pas si présentes dans la vie quotidienne, mais sur le Web, si tu dis n’importe quoi, les gens t’ignorent, ne te lisent juste plus. Si tu es transparent, peu importe ce que tu racontes, les lecteurs te pardonneront tes écarts de conduites, tes erreurs, mieux encore, ils t’aimeront parce que tu ne seras comme eux qu’un simple humain mortel et imparfait, mais honnête et digne de confiance.
C’est un peu comme Céline Dion, pourquoi les gens l’aiment tant? Sûrement autant de raison qu’elle a de fans, mais je crois que son accessibilité, son humanité, sa transparence y joue pour beaucoup. Les gens ont besoin de modèles humain qu’ils considèrent valables. Les gens veulent du vrai. Mais comme passer deux semaines sur la mer entre les étoiles et les coups de vents n’est pas à la portée de tous, il reste le Web pour nous dire vrai au quotidien.

C’est assez rare que les gens disent réellement ce qu’ils pensent des autres en pleine face et le Web permet ça. J’aime beaucoup le blog de Michelle Blanc, elle n’hésite pas à y envoyer paître ceux qui le méritent… voici un exemple :
« @Olivier en plus d’être un troll, tu es un troll con et comme ici nous sommes en public, tu pourras aussi dire que je suis snob en public. Heureusement, tu ne seras jamais l’un de mes clients… » cliquez ici pour voir les vraies discussions au complet

Elle est ultra transparente et apparemment ça lui profite. Je pense que le blog est en fait un excellent traitement contre le mensonge, la vérité finit toujours par transparaître. Je vais essayer sa recette

Financement P2P. Où est le Québec?

J’ai découvert ce matin en lisant le blog de Jean Michel Billaut, une entreprise en semi-démarrage qui développe le concept super intéressant et inconnu de moi à ce jour, le financement P2P(peer to peer). Sur leur site http://www.friendsclear.com, on retrouve des prêteurs et des emprunteurs voulant soit financer, soit se faire financer des projets variés. Le but est que chacun trouve sa chacune. Ce site est malheureusement français (de France je veux dire) et apparemment ça ne marche pas hors pays du camembert.

Y a-t-il un ti smat dans la salle qui pourrait me dire si ça existe au Québec? Encore mieux, y’a pas un ti smat en  manque d’idée qui voudrait partir ce concept au Québec? Je suis sûr que ça marcherait, il y a tellement de belles idées à financer au Québec et les banques sont tellement rigides. S’il te plaît Dieu Web 2.0 vient à ma rescousse et crée-nous une nouvelle communauté qui viendra financer nos projets!