Lors de mon cours en ERE mardi dernier, nous avons vu une courte vidéo dans laquelle on constatait l’importance de la tradition orale lorsqu’on veut faire de l’éducation relative à l’environnement auprès des jeunes.
De retour chez moi, je me suis mise à penser à mon grand-père paternel… Mon grand-père pouvait prédire la météo plusieurs heures à l’avance en regardant… le ciel, les feuilles et la mer.
Oui, la mer car dans mon coin de pays (le début de la Gaspésie!!!), le fleuve fait plus de 30 miles nautiques donc on ne voit, comme ligne d’horizon, qu’une ligne noire nous indiquant la Côte-Nord… Donc, mon grand-père regardait l’horizon en direction du fleuve et pouvait prédire si on pouvait ou non faucher le foin, battre le grain (semence des céréales) ou rentrer les vaches dans l’étable avant qu’un grain (vent violent et de courte durée s’élèvant soudainement et généralement accompagné de précipitations) ne leur fasse peur et qu’ainsi, elles donnent quand même leur lait…
Pas besoin de baromètre, de satellite, de station météo et encore moins, de prévisions (qui sont parfois, il faut l’avouer, très farfelues)… Non, il n’avait qu’à regarder le ciel, la mer et les feuilles de nos pommiers, il savait… et ne se trompait que rarement… Même le climat, il connaissait… j’avoue qu’il regardait de temps à autre l’Almanach du peuple mais c’était souvent pour en rire et nous dire qu’ils se trompaient…
Quand je lui demandais: «Comment tu fais grand-papa pour savoir le temps ?», il me donnait quelques indices… La première fois où ses indices me sont revenus en mémoire, c’était lors de mon premier cours de voile sur le fleuve…
Eh oui, on aurait beaucoup à gagner à faire perdurer cette tradition orale…
Si ce n’était de l’année, on aurait pu croire que ce vieillard était mon grand-père… J’attends vos commentaires…
Le Canada: 46e plus meilleur pays du monde…
Fier d’avoir pu s’autoproclamer «le plus meilleur pays du monde» il n’y a pas si longtemps (merci M. Chrétien), le Canada semble très loin de pouvoir se vanter d’avoir continué dans la même voix depuis, du moins en ce qui concerne les questions environnementales (et tellement plus…).
L’université de Yale vient de publier son Environmental Performance Index (EPI), une étude effectuée aux deux ans visant à comparer 163 pays sur la base de 25 indicateurs, allant de la qualité de ‘environnement à la gestion des ressources naturelles. Classé 8e en 2006, le Canada a glissé au 12e rang en 2008, obtenant une note tout à fait respectable de 86,6%. Le Canada se cache maintenant loin (au 46e rang !!!) avec une note peu convaincante de 66,4%, derrière le Mexique, la Roumanie, le Suriname et bien d’autres…
Comment expliquer une telle dérgingolade ? Ayant obtenu des notes quasi parfaites pour des catégories comme la qualité de l’eau potable et la qualité de l’air dans les logements, c’est au niveau de ses émissions (SO2, NOx, O3), de la protection de ses environnements marins, de la gestion des pêches, de ses émissions de gaz à effet de serre par habitant et de l’exploitation des combustibles fossiles que le Canada fait piètre performance.
Bien qu’il soit très facile de blâmer l’attitude je-m’en-fou-complètement du présent gouvernement conservateur en matière d’environnement, le problème est encore plus profond qu’une question de financement et de bonne volonté. Avant de faire quoi que ce soit, il faut d’abord comprendre…
Comme le dit si bien Scott Mackay, ancien chef du Parti Vert et porte parole de l’opposition officielle en matière de développement durable, dans une récente lettre d’opinion publiée dans le Devoir :
«La nature transversale des enjeux environnementaux fait en sorte que de nombreux ministères, sinon tout le gouvernement, se trouvent concernés.»
Oui ! Au niveau provincial, à quoi bon avoir un Ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs qui soit l’ennemi juré du Ministère du Transport et du Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation ? Et c’est la même chose au fédéral… Pourquoi donner de minces subventions pour la protection des milieux humides et de l’autre côté supporter l’étalement d’un réseau routier déjà surdéveloppé ? Pour que tout le monde soit heureux, c’est vrai… Pour qu’ils se taisent et soient dociles, c’est vrai…
Tant que nous ne considérerons pas que l’environnement fait partie intrinsèque de tous les Ministères, nous n’arriverons pas à une gestion pertinente et éclairée de notre relation avec la nature… Je rêve d’un futur où Environnement Canada fera parti du passé, et qu’il aura été naturellement remplacé par une conscience environnementale globale et collective au sein du gouvernement et des citoyens du monde.
Papa, est-ce qu’il y aura un Grand Cerf-Volant dans le ciel aujourd’hui?
À quel point j’aurais aimé voir voler notre Grand Cerf-Volant dans le ciel ce matin, ma fille n’en a aucune idée. Je meurs d’envie de voir ce projet monter. Monter tellement haut, que les hôpitaux seront bondés de gens avec des torticolis…
Nous avons failli nous envoler ce matin, le site est presque prêt à accueillir les lanceurs de bouteilles à la mer…il ne manque que quelques détails techniques et nous y serons.
Les bouteilles lancées à la mer virtuelle est une façon de construire une communauté qui soutienne notre projet. Cette école environnementale en mer se veut un projet collectif, un bien commun. Redonner le fleuve Saint-Laurent au monde, c’est ce que nous voulons faire. Si les gens nous soutiennent, vous ne croirez même pas à quel point ce projet va s’élever. Ça va être fou raide!
Dans vos bouteilles, mettez-y votre coeur: vos rêves, vos préoccupations, vos opinions sur le Saint-Laurent, vos inquiétudes, vos questions, des poèmes, des références, des hyperliens… Ce que vous voulez! Écrivez et lancez ça dans la grande flaque du Web, les bouteilles se rendront à destination.
Merci à Christian Joyal pour le design du site, mais surtout pour m’avoir “coaché” dans ce monde Web si loin de la mer.
L’attente du vrai de vrai départ me rend fou. Aujourd’hui je me sens à peu près comme ça…sauf que nous polluerons beaucoup moins…:
Voiliers traditionnels et notion de durabilité
Par voiliers traditionnels j’entends ici un voilier en bois construit selon certaines techniques ancestrales et dont la propulsion est essentiellement assurée par son gréement, le moteur ne servant qu’à assurer les manœuvres de port délicates. Ne me parlez pas de ces bidets chimiques tout blanc et dignes héritiers de la pétrochimie moderne. Dans son mémoire de maîtrise, Judith Puzzuoli fait valoir le lien qu’elle voit entre voiliers traditionnels et durabilité. Je soumets à votre analyse un résumé de son point de vue pour le moins intéressant.
Bien entendu on comprend qu’un voilier consomme peu d’énergie et qu’il ne génère que très peu de pollution. Mais il y a plus. Le voilier traditionnel en bois à l’immense avantage d’être très robuste et biodégradable. Tout comme un être humain, il nait, il vit et il meurt … mais souvent devient centenaire. Sur une coque en bois tout est réparable, remplaçable si bien que, pour peu qu’on l’entretienne correctement, la coque de bois survivra à plus d’une génération de propriétaires.
Par ailleurs le renouveau du patrimoine maritime, surtout en Europe, a permis de donner un nouveau souffle à plusieurs métiers anciens (charpentiers de marine, gréeurs, voiliers, etc.) et de rouvrir des chantiers. Plusieurs d’entre eux, chantiers et voiliers, sont devenus des outils de réinsertion sociale pour des jeunes en difficultés. C’est d’ailleurs sur cette base que le père Jaouen à fondé l’organisme qui opère depuis longtemps un chantier en Bretagne et deux voiliers dont le célèbre Bel-Espoir. Des générations de jeunes en difficulté y ont trouvé une formidable école de solidarité et de travail d’équipe. Pas le choix, lorsque la tempête se lève en mer la seule solution est le travail d’équipe et l’entraide. Les voiliers traditionnels ont ainsi permis de perpétuer des métiers et de « récupérer » des humains.
Finalement, à un niveau plus philosophique, les voiliers traditionnels permettent de perpétuer un mode de vie que ne véhiculent plus les baignoires en plastiques qui affligent dorénavant nos plans d’eau. De par leur mode de construction, leur mode de déplacement (le moins de moteur possible) et l’esprit de confrérie qui se doit de régner au sein de l’équipage le voilier traditionnel est lié à la nature et à ses lois dont il dépend. L’auteure conclue très justement en soulignant que « le renouveau de la voile traditionnelle correspond donc à un regain d’intérêt pour des valeurs essentielles et éthiques délaissées durant plusieurs décennies ».
2010, Année Internationale de la Biodiversité
L’environnement est un sujet d’actualité plutôt jeune. La moitié de la population mondiale vivant dans des cités bétonnées, bien à l’abri du contact et surtout de la compréhension de la nature, il est malheureux de constater que seul le sujet de l’heure peut être entendu… et encore…
Les changements climatiques : le voilà le sujet de l’heure. Bien qu’il soit essentiel d’en parler, d’en débattre, de s’informer et aussi de trouver des solutions, on oublie que nous avons un impact global sur l’environnement, affectant à la fois milles et une sphères toutes interreliées entre elles.
Il y a de ça plusieurs années, tout le monde parlait de biodiversité, de préservation et de conservation. Le sujet est quelque peu passé dans l’oubli. Bien sûr, on a eu le temps d’en parler, d’en débattre, de s’informer, mais qu’en est-il des solutions, le maillon de la chaîne auquel nous nous rendons malheureusement trop peu souvent ?
Adoptée à Rio en 1992, la Convention pour la diversité biologique (CDB) mettait en place un cadre d’action mondial visant à assurer la préservation, l’utilisation durable et le partage équitable des bénéfices reliés à la biodiversité. Cette convention a été ratifiée par 191 états. Dix ans plus tard, lors de la conférence de Johannesburg, on décrétait qu’il était urgent d’agir. En décembre 2006, l’ONU déclarait qu’elle était «préoccupée par l’appauvrissement continu de la diversité biologique et consciente qu’un effort sans précédent sera nécessaire pour en ralentir sensiblement le rythme d’ici à 2010», qu’elle était «profondémentpréoccupée par les incidences sociales, économiques, écologiques et culturelles de l’appauvrissement de la diversité biologique […] et soulignait la nécessité d’adopter des mesures concrètes pour inverser cette tendance».
Malgré ces cris d’alarme répétés, la diversité biologiqe aurait diminuée de 27% entre 1970 et 2005 (WWF). La perte, le bouleversement ou le morcellement des habitats (principalement au profit de l’agriculture), la surexploitation des espèces (surtout par la pêche), la pollution, la profusion d’espèces invasives et les changements climatiques sont des facteurs prédominant pour expliquer cette baisse. Au cours des 65 derniers millions d’années, la moyenne était d’une extinction par an pour un million d’espèces. Aujourd’hui, ce taux se situerait entre 50 et 560 fois le taux d’extinction attendu pour une biodiversité stable. Certains parlent de la sixième extinction massive, la dernière ayant vu la disparition des dinosaures.
La biodiversité, pourquoi ? En fait, il faut comprendre la valeur des espèces. Par exemple, une espèce végétale est bien plus qu’une plante dans un endroit donné. Elle participe au maintient d’un écosystème tout entier. Elle permet peut-être de consolider le sol, diminuant ainsi l’érosion. Elle fournit peut-être l’ombre nécessaire pour le développement d’une autre plante. Elle permet peut-être à un animal de se nourrir. Chaque espèce a un impact direct et indirect sur les autres, y compris l’Homme. C’est simple, dans l’environnement, tout est interrelié. Cette même plante permettra peut-être aussi la découverte d’un nouveau médicament. En 2002-2003, quatre nouveaux médicaments sur cinq étaient issus de produits naturels. Sans une grande biodiversité, ce sont aussi les avancées technologiques qui en subiront les conséquences.
Les messages répétés de l’ONU ont engendrés plusieurs pas dans la bonne direction et ce, dans plusieurs régions/pays. Cependant, le chemin qu’il reste à parcourir est encore très long.
2010 est donc consacrée Année Internationale de la Biodiversité. Pourquoi ? Tout simplement pour ramener ce sujet trop longtemps oublié dans des rapports qui prennent la poussière sur des tablettes tout aussi poussièreuses dans l’actualité. En effet, l’ONU «encourageles États Membres et les autres parties prenantes à profiter de l’Année Internationale de la Biodiversité pour sensibiliser l’opinion à l’importance de la diversité biologique en appuyant des actions aux niveaux local, régional et international».
La sensibilisation. Certes, c’est ce qui est important. Une fois que nous comprenons un phénomène, au point tel que nous pouvons porter un regard critique sur le monde qui nous entoure en toute connaissance de cause, voilà le chemin qui mène à la mobilisation, à l’action. Parce qu’au-delà de la sensibilisation, il est grand temps de faire quelques chose. Comme le dit le célèbre astrophysicien Hubert Reeves : «[2010] ne doit pas seulement être une grande fête, elle doit poser les jalons d’un vrai changement, il faut passer au plan B(iodiversité), c’est-à-dire s’engager dans la voie d’une nouvelle relation entre l’humanité et le vivant.»
Une fois que tous seront sensibilisés à ce lien qui uni l’Homme et son milieu de vie, peut-être pourrons-nous commencer à parler d’environnement dans son ensemble, et non par micro sujets, puisque tout est intimement relié. Le but n’est pas de parler seulement de biodiversité en oubliant la question des changements climatiques… Ce n’est pas si compliqué puisque nous sommes déjà capables de parler à la fois d’économie, de bourse, d’emploi, de valeur du dollar et de prix du pétrole…