De l’eau et des Hommes…

Petit retour sur la Journée mondiale de l’eau, une semaine plus tard… En effet, en Afrique seulement, “un enfant meurt toutes les 20 secondes à cause de contamination par des eaux usées” et ce, le 22 mars de chaque année, ainsi que les 364 autres (PNUE). Les questions relatives à l’eau méritent donc une tribune qui va bien au-delà de LA journée annuelle… La semaine dernière, Ban Ki-Moon a déclaré que :

“L’eau souillée cause annuellement plus de décès que toutes formes de violence, y compris la guerre (…). Ces morts sont un affront à notre humanité commune et sapent les efforts de nombreux pays pour réaliser leur potentiel de développement. (…) Jour après jour, nous versons des millions de tonnes d’eaux usées et de déchets industriels et agricoles dans les systèmes d’eau de la planète. L’eau propre est devenue rare et le deviendra encore plus avec les changements climatiques (…).”

En fait, ce serait plutôt environ 2 milliards de tonnes d’eaux polluées, composées d’eaux usées et d’eaux contaminées par les déchets industriels et les pesticides, qui sont déversées chaque jour dans le monde (PNUE). Dans les pays en développement, c’est plus de 90% des eaux d’égoûts et 70% des déchets industriels qui sont déversés, non traités, dans les rivières, lacs et océans (Notre-planete.info).

Une image de la situation mondiale

Un bref regard sur les deux cartes thématiques qui suivent nous laisse rapidement comprendre le problème de répartition de la ressource, ainsi que les nombreux défis auxquels ces pays sont confrontés…

Afin d’uniformiser les couleurs de ces cartes, les dirigeants du monde ont adoptés, en 2000, une série d’objectifs visant à modifier la face du monde avant 2015.

Les Objectifs du Millénaire

Le premier objectif par rapport à l’eau est de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable (par rapport à 1990).  En 1990, 23% de la population mondiale n’avait pas cette base de la vie, en 2008 ce chiffre était plutôt de 13%, ce qui se rapproche déjà de l’objectif de 12%, qui devrait facilement être atteint et même surpassé.

Le second objectif est de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes ne disposant pas d’un réseau sanitaire (par rapport à 1990). En 1990, c’est près de la moitié de la population mondiale (46%) qui souffrait de ce manque, cette statistique ayant atteint 39% en 2008, ce qui reste encore bien loin de l’objectif de 23% fixé pour 2015.

À l’heure actuelle, 3,7% des décès dans le monde sont attribués à des maladies liées à la pollution de l’eau. Plus de la moitié des lits d’hôpitaux sont occupés par des personnes souffrant de ces maladies. Les Objectifs du Millénaire sont un énorme pas dans la bonne direction, quoiqu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir…

L’Heure de la Terre 2010 : éteindre pour éclairer les consciences

Éteignez vos lumières pendant une heure, ce soir, le samedi 27 mars à 20 h 30. Participez, comme environ 1 milliard de personnes, au plus important mouvement environnemental de l’histoire !

Earth Hour est la plus grande manifestation en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique” avait déclaré Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies, le 29 mars 2009.

Plusieurs personnes clament haut et fort que cet évènement est non pertinent, que ce n’est pas une heure sans électricité dans plusieurs villes du monde qui permettra réellement de réduire notre impact sur l’environnement et le climat. Et ils ont bien raison…

En fait, l’objectif de l’Heure de la Terre est tout autre. Il s’agit plutôt d’un évènement symbolique, d’une belle action citoyenne ludique mettant de l’avant l’inquiétude de la population face à l’inaction de nos décideurs. Elle permet de rassembler des gens de toute la planète, montrant que le monde est prêt à passer à l’action. Après l’échec de Conpenhague, le message envoyé aux décideurs en cette Heure de la Terre 2010 revêt donc une importance toute particulière.

La 3e édition de cet évènement attend la participation de 115 pays selon le WWF, organisme qui parraine l’Heure de la Terre. “Le Canada est le pays qui compte le plus grand nombre de villes participantes au monde : 250 se sont déjà engagées“. Cela est d’autant plus important que le Canada sera l’hôte du sommet du G8 les 25 et 26 juin. Le WWF, tout comme les citoyens, espère que cet évènement pourra mettre une pression sur les dirigeants afin qu’ils considèrent la question climatique comme partie intégrante des discussions qui auront lieu à la fin juin.

Comme le disait Jim Morrison : “They got the guns, but we got the numbers.” C’est seulement lorsque nous nous y mettons tous ensemble que les petits changements s’ajoutent les uns aux autres et finissent par donner naissance à un monde meilleur, que ce soit via la réduction des émissions de carbone (au quotidien) ou à un changement de mentalité et d’habitudes de vie (WWF).

Afin que les citoyens puissent agir dans cette perspective à tous les jours, WWF-Canada a créé la Living Planet Community (en anglais seulement pour l’instant) afin d’aider les Canadiennes et les Canadiens à apporter des changements à leur mode de vie pour réduire leur empreinte écologique sur la planète et d’encourager le plus de gens possible à emboîter le pas.

Pour l’instant, je vous souhaite une merveilleuse Heure de la Terre. Profitez-en pour regarder les étoiles…

WWF-Canada a créé la Living Planet Community [communauté pour une planète vivante] (en anglais seulement) dans le but d’aider les Canadiennes et les Canadiens à apporter des changements à leur mode de vie pour réduire leur empreinte écologique sur la planète et d’encourager le plus de gens possible à emboîter le pas. Lorsque nous nous y mettons tous ensemble, les petits changements s’ajoutent les uns aux autres et finissent par donner lieu à d’importantes réductions des émissions de carbone.

Une bonne raison de penser à l’environnement : penser à notre santé.

Le célèbre Maxime Bernier a récemment fait une sortie sur la place publique. Dans un temps où l’inaction du gouvernement fédéral en matière d’environnement est condamnée par plusieurs organismes dans le Monde, il appui la stratégie fédérale en déclarant que :

L’alarmisme qui a souvent caractérisé cette question n’est plus de mise. Le Canada a raison d’être prudent.

Le gouvernement conservateur n’a pas appuyé cette sortie publique. Cependant, Maxime soulève un point fort intéressant… En fait, il n’est pas le seul à crier que sans consensus, il ne sert à rien d’agir. Cela est d’autant plus vrai que ça pourrait nous coûter quelque chose, et surtout qu’on devrait changer quelques-unes de nos habitudes, nous, les riches parmi les riches. Mais, sachez que tant qu’il y aura des habitudes à changer et des intérêts économiques en jeu, il y aura des sceptiques qui prôneront une attitude dite “prudente”…

Et pourtant, l’Homme peut quand même agir sans consensus… Il y avait des sceptiques avant l’invasion en Irak (un exemple parmi tant d’autres) sans mandat de l’ONU en 2003, surtout quant à la nature profonde du projet (Lien). “Pour la démocratie” criaient les États-Unis et le Royaume-Uni ! Pour cela, il faut oublier les nombreuses interventions depuis l’Opération PBSUCCESS, où des présidents démocratiquement élus sont remplacés par des dictateurs… Pour la démocratie ? Yeah right… Ce qui me ramène à Maxime : “On n’agit pas par manque de consensus”. Yeah right…

Il y aura toujours des scientifiques qui toucheront un lucratif salaire versé par une compagnie pétrolière et qui, comme par hasard, vanteront les bienfaits (et seulement) des changements climatiques. Il y aura toujours des gens qui tenteront de détruire les évidences scientifiques, même sur une base aussi futile que la nature de leurs courriels. C’est simple, la théorie évolutionniste n’est toujours pas unanimement acceptée et ne le sera jamais…

Mais revenons à nos moutons. Alors pourquoi pas des actions concrètes visant à prévenir un potentiel changement climatique ? Et là, je ne parle pas d’un marché de carbone élaboré par des économiste et des avocats qui ne comprennent rien et ne s’intéressent aucunement à l’environnement. En fait, je ne parle d’aucun système visant à gonfler des coffres et à laisser croire en une action. Je parle bien de concret, de changements d’habitudes s’insérant dans une logique naturelle, de nouvelles technologies au service de l’Homme et de l’environnement, etc.

Et au fond, rien à foutre de savoir si l’augmentation des concentrations de CO2 viendront bouleverser le climat. Voici une seule bonne raison d’adopter des habitudes environnementalement responsables dès aujourd’hui : votre santé.

En Californie, c’est 100 millions de dollars qui sont dépensés annuellement pour des visites à l’hopital (plus de 6 000/année) selon une étude du RAND Corporation. À noter que ce montant n’intègre pas les dépenses des cliniques et des pharmacies… Et de récentes études proposent même que la pollution pourrait entraîner une alteration des cellules du coeur.

Tout le monde sait qu’il ne faut pas démarrer une voiture dans un garage et y rester trop longtemps. Pourtant, on accepte que des millions de voitures fonctionnent à outrance et empoisonnent la mince couche qu’est l’atmosphère. Personne ne voudrait se retrouver dans un champ pendant qu’un avion passe et y relâche des centaines de litres de pesticides. Pourtant, on accepte d’en manger en petites quantités, un peu chaque jour, sachant que ces substances s’accumulent tranquillement dans notre organisme. Personne ne verserait de mercure sur son poisson avant de passer à table. Personne ne verserait de DDT dans son verre d’eau.

Personne. Pourquoi tout le monde le fait ? Ah oui, parce qu’il faut être prudent… Yeah right !

ÉcoMaris relève le défi ! Et vous ?

«Il y a une question qu’on m’a souvent posée depuis l’échec de la conférence de Copenhague: et maintenant, qu’est-ce qu’on fait? [...] Le fait que plusieurs de nos leaders [pas tous, cependant] nous aient fait faux bond ne veut certainement pas dire que l’on doive laisser tomber la lutte contre les changements climatiques [...] Même si ce ne sont pas seulement les individus qui vont pouvoir faire une différence, il reste que chaque petit geste compte, et que 50 000 petits gestes ensemble, cela fait un très, très gros geste.»

C’est sous cette philosophie que la 3e campagne Défi Climat a été lancée. La plus vaste campagne de sensibilisation et de mobilisation face aux changements climatiques au Québec s’est mise en branle ce mercredi. L’objectif : rien de moins que de convaincre 50 000 personnes de s’engager à poser au moins un geste concret (parmi une liste de 23) pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ce qui permettrait de réduire les émissions de GES d’environ 70 000 tonnes, soit l’équivalent de 20 000 voitures pendant un an.

Au -delà de la participation individuelle, les entreprises et organismes sont aussi invités à relever le défi et à endosser le rôle de catalyseurs d’un mouvement collectif responsable. ÉcoMaris a rejoint les rangs et s’engage à inviter ses employés à participer activement au défi qui se déroule du 10 mars au 30 avril. C’est une bonne façon de s’approprier de nouvelles habitudes de vie, et de les adopter bien au-delà de la fin du mois d’avril.

Je vous invite donc à relever le défi, que ce soit à titre de participant individuel, ou au sein de votre entreprise ou organisme. 

Changerez-vous vos habitudes en matière de transport ? Adopterez-vous le vélo ? Éliminerez-vous des repas de viande à chaque semaine ? Diminuerez-vous le chauffage de 3 degrés Celsius la nuit ? Allez-vous recycler ? Faire un petit peu tout ça ?