Le bout du monde est quelque chose de bien relatif. Pour certains, ce sera les Chinois et les Australiens, bref ceux qui marchent la
tête à l’envers. Pour moi, ce soir, j’y suis, même si j’ai toujours la tête à l’endroit : bienvenue au parc national du Bic !
Après une journée entière de navigation au moteur, dans un épais nuage de brouillard, avec une visibilité dépassant à peine notre lecteur radar, voilà que nous jetons l’ancre dans la Baie de l’Anse à l’Orignal, sans trop savoir où nous sommes. Quelques minutes après avoir servi l’apéritif couronnant cette journée de navigation, le nuage qui nous enveloppe disparaît pour laisser place au soleil, aux pics rocheux, aux plages, et à un ciel bleu, dégagé.
Une minute de silence s’impose… Petite brise, vagues frappant contre la coque, quelques dizaines d’espèces d’oiseaux se battant pour notre attention, le bruit de phoques jouant dans l’eau, frappant leurs
nageoires contre la surface… Prenons quelques minutes pour pêcher…
La vie prend un tout autre sens au bout du monde. En fait, trop de choses perdent tout leur sens. Nous vivons une expérience de communion intense avec les éléments, avec la nature. Après des mois de travail à Montréal, dans un bureau, devant un écran d’ordinateur, on réalise pleinement la force d’une telle immersion. Il ne suffit que d’un mouillage de la sorte, que de la vue du coucher de soleil que nous prenons le temps d’observer, que le son des baleines et dauphins qui respirent, que l’objecif de se nourrir et d’avancer plus loin, pour comprendre l’impact qu’aura le Grand Cerf-Volant sur chacun des futurs membres de l’équipage, qu’ils naviguent avec nous tout un été, ou quelques jours…
Le soleil se couche, abusant de couleurs subtiles qui échappent à la palette de la ville. Une séance de photo s’impose. La couleur laisse place à la noirceur, et à un ciel étoilé qui ne subit que très peu les ravages des lumières de la ville. La Grande Ourse, Cassiopée, le Dragon… Couchés sur le pont, nous admirons le ciel, en se laissant bercer par cet objet flottant flottant qui est à la fois devenu notre maison, notre moyen de transport, et notre style de vie.
Il est l’heure de se coucher. Demain, nous partirons du mouillage à voile. Nous sommes excités. Qu’est-ce qui nous attends ? C’est sans importance. Encore une fois,
nous aurons plus que ce que je pourrais demander… comme ce soir, comme c’était le cas hier, et comme ce sera le cas demain.
Juste avant, nous prenons le temps jouer avec des cordes sur la surface de l’eau afin d’observer le plancton fluorescent… ces aurores boréales du fleuve. Nous avons du plaisir, et sommes complètement fascinés devant la beauté de l’endroit, devant les surprises infinies que nous réservent le fleuve, et devant le sentiment de liberté et de bien-être qui nous habite. Nous sommes trois. Nous avons du plaisir à partager nos connaissances, à prendre part à ces découvertes, à se décourvrir.
J’ai hâte de pouvoir rassembler 30 personnes sur un grand-voilier, à cet endroit précis. C’est pour bientôt ! J’ai hâte que vous y soyez, j’ai hâte que vous voyez, sentiez, comprenniez, viviez…
À bientôt…


longtemps que les oiseaux que je connais… Ici, il y en a partout. Un tour de l’île en annexe nous permet de voir des rochers remplis de ces petites bêtes adorables et sympathiques.
L’été au Québec, c’est bon pour les marins. On a passé l’hiver devant nos portables, l’air du grand large nous attend enfin…
Découvrir les ancrages fantastiques, les communautés accueillantes, les réserves fauniques et zones protégées. On veut rencontrer les gens des ZIP et des autres organismes œuvrant pour la protection des richesses du fleuve.
Voilà! Je vous invite à suivre nos aventures et à garder l’œil ouvert sur la rive et sur notre groupe Facebook. Nous serons très heureux de vous croiser sur notre route!












